Pour célébrer ses 10 ans, la revue Alternatives Humanitaires a investi le Campus Croix-Rouge lors d’une soirée de réflexion co-organisée avec la Fondation Croix-Rouge française. Retour sur cet événement anniversaire qui a réuni chercheurs et praticiens internationaux autour de deux tables rondes et d’expositions artistiques, illustrant une décennie de croisement des savoirs au service de l’action humanitaire.
Alternatives Humanitaires, dix ans au service de la réflexion humanitaire
Lancée en février 2016, Alternatives Humanitaires est une revue bilingue (français/anglais) dédiée à l’action humanitaire co-créée par plusieurs fondations travaillant sur l’action humanitaire. Elle a pour ambition de faire dialoguer chercheurs et praticiens du secteur, et de donner une meilleure visibilité internationale aux approches humanitaires francophones pour éclairer les décisions, contribuer à la transformation, tisser des liens et faire émerger de nouvelles perspectives. Publiée trois fois par an, ses articles sont accessibles en ligne en accès libre selon la notion de bien commun et d’accès libre à la recherche.
La Fondation Croix-Rouge française, au cœur de l’aventure depuis l’origine

Que la Fondation Croix-Rouge française ait accueilli cet anniversaire sur son campus s’inscrit dans une histoire commune. En tant que l’un des membres partenaires fondateurs de la revue, elle y a joué un rôle déterminant dès les premières heures du projet. Le Pr Jean-François Mattei, alors Président du Fonds Croix-Rouge française – devenu depuis la Fondation Croix-Rouge française -, a donné une impulsion décisive à travers une réflexion menée sur la place des savoirs francophones sur l’action humanitaire et sur leur diffusion
. Les dynamiques du Forum Espace Humanitaire (FEH) et la mobilisation de plusieurs fondations cofondatrices ont alors été au centre de la fabrique de ce projet éditorial résolument collectif. Il devient une association portée conjointement par Benoît Miribel (Fondation Mérieux), Jean-Baptiste Richardier (Fondation Handicap International), Jean-Christophe Rufin (Fondation Action contre la Faim) et Jean-François Mattei/Virginie Troit (Fondation Croix-Rouge française) vite rejoints par une gouvernance collégiale élargie. Après deux années de gestation, le premier numéro paraît en février 2016 sous la plume de Boris Martin, rédacteur en chef, en continuité naturelle avec l’ancienne revue Humanitaire de Médecins du Monde. “Une revue francophone ne pouvait être qu’internationale” a rappelé Virginie Troit alors que le débats scientifiques et le secteur humanitaire ne connaissent pas de frontières. La revue sera bilingue. Célébrer les 10 ans de la revue ici, c’est aussi revenir sur une partie de l’histoire de la Fondation et des dynamiques du secteur humanitaire en France.
Deux espaces, un même engagement
La soirée s’est ouverte avec les prises de parole de Virginie Troit, directrice générale de la Fondation Croix-Rouge française, de Jean-Baptiste Richardier, président d’Alternatives Humanitaires, et de Boris Martin, rédacteur en chef de la revue.
La rencontre s’est ensuite déployée autour de deux espaces complémentaires. D’un côté, un espace de débat avec deux tables rondes réunissant des contributeurs et chercheurs venus de nombreux horizons. De l’autre, un espace de création offrant aux participants la possibilité de découvrir le travail d’artistes et d’auteurs qui, à travers leurs œuvres, donnent à voir l’humanitaire autrement : une sélection de photographies publiées dans la revue depuis ses débuts, ainsi que des planches originales du dessinateur Brax.
Deux tables rondes pour incarner dix ans d’engagement

La première table ronde, animée par Boris Martin, a réuni Stéphanie Tchiombiano, maîtresse de conférences associée en science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Vincent Léger, chargé de recherche à la Fondation Croix-Rouge française et docteur en anthropologie, et Pierre Gallien, directeur Impact, Information & Innovation à Humanité & Inclusion
. Tous trois co-pilotes de l’un des trois derniers numéros de la revue, ils ont partagé ce que représente le fait de s’engager aux côtés d’Alternatives Humanitaires : les défis d’un travail collectif entre chercheurs et praticiens, les enseignements retirés, et les dynamiques que cette collaboration continue de générer – incarnant à travers ces numéros les personnes qui s’engagent, d’une manière ou d’une autre, aux côtés de la revue.

La seconde table ronde animée par Virginie Troit, a réuni des chercheurs venus d’horizons géographiques et institutionnels variés : François Audet, professeur à l’Université du Québec à Montréal et directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire (OCCAH) ; Françoise Duroch, responsable de l’Unité de Recherche sur les Enjeux et Pratiques Humanitaires de MSF UREPS) à Genève ; et Maria Gabrielsen Jumbert, chercheuse principale à l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (PRIO) et directrice du Centre norvégien pour les études humanitaires.
Représentant chacun un pays et une tradition de recherche différents, ils ont échangé sur la place et la pertinence d’une revue bilingue comme Alternatives Humanitaires dans les débats scientifiques et humanitaires internationaux, et sur ce qu’elle apporte à une communauté dont les enjeux dépassent largement les frontières francophones.
Une rencontre à la hauteur d’une décennie d’engagement collectif, fidèle à l’esprit qui anime Alternatives Humanitaires depuis ses premiers numéros : exigence intellectuelle, diversité des regards et conviction partagée que la réflexion est indissociable de l’action.





